Même dans un appartement ou une maison bien chauffée,
certaines zones peuvent rester froides et humides, surtout en hiver. Ces « ponts thermiques » sont des
défauts dans la continuité de l’isolation thermique, entraînant une rupture dans la barrière isolante de la façade, de la toiture, des murs ou du sol. Ce phénomène de condensation favorise la
formation de moisissures, crée des traces sur la surface de la paroi et peut nuire à l’
environnement intérieur ainsi qu’à la santé des occupants. La température de surface des murs devient sensible aux variations de l’air ambiant et de l’air intérieur, augmentant le
risque de condensation et limitant l’efficacité de la résistance thermique. Comprendre la définition d’un pont thermique, détecter les éléments concernés et contrôler l’humidité relative sont les premières étapes.
Sommaire
Un
pont thermique désigne une
faille dans l’isolation d’un bâtiment qui provoque des
déperditions de chaleur. Ce type de défaut n’est pas anodin : il peut favoriser l’humidité, refroidir les murs et générer des problèmes structurels. Il est donc crucial de les
identifier et de les
corriger.
Les ponts thermiques se trouvent principalement aux
jonctions de deux parois : entre murs et toit, murs et plancher, murs et balcons, ou autour des linteaux et des cadres de portes et fenêtres. Ils résultent souvent
d’erreurs de conception, de l’utilisation de matériaux peu performants ou inadaptés, ou d’une pose d’isolation incorrecte.
Selon l’
Ademe, les ponts thermiques représentent environ
5 à 10 % des déperditions de chaleur. Les logements édifiés avant 1974 sont particulièrement touchés, mais même les constructions plus récentes peuvent comporter certains points faibles d’isolation.
En pratique, un
pont thermique est une
zone de votre habitation où l’isolation est
insuffisante, permettant à la chaleur intérieure de s’échapper ou au froid extérieur de pénétrer. Ces zones apparaissent souvent au niveau des jonctions entre murs et dalles, des menuiseries (portes, fenêtres, baies coulissantes), ou à tout endroit où l’isolation est interrompue.
Les ponts thermiques entraînent non seulement des
pertes de chaleur, mais font aussi que l’air chaud à l’intérieur se
refroidit rapidement au contact de ces surfaces froides. Cela favorise la formation de
condensation, qui peut ensuite provoquer des
moisissures et des mauvaises odeurs.
En cas de
basse température extérieure, la zone concernée subira un
refroidissement.
Les
ponts thermiques peuvent apparaître à
différents endroits d’un mur, mais certaines zones sont plus sensibles que d’autres.
On distingue trois principaux types de ponts thermiques selon leur origine et leur emplacement :
- Ponts thermiques linéaires (2D) :
Ce sont des déperditions de chaleur situées à la jonction de deux parois, par exemple entre un mur et un plancher bas. Leur impact thermique se mesure par le coefficient linéique, exprimé en W/(m·K) : C'est le nombre de Watts perdus par mètre de longueur de pont thermique, pour chaque degré de différence de température entre l'intérieur et l'extérieur.
- Ponts thermiques structurels :
Ils apparaissent souvent à cause d’une mauvaise installation ou mise en œuvre de l’isolant, comme des brèches dans l’enveloppe du bâtiment liées au perçage ou à l’assemblage d’isolants. Leur déperdition se calcule en fonction de la surface (coefficient U, W/(m²·K)).
- Ponts thermiques ponctuels (3D) :
Situés aux points de jonction d’au moins trois structures différentes, comme entre une dalle et la jonction de deux murs, ces ponts peuvent être nombreux et réduire fortement la performance thermique globale.
Pour réduire les déperditions de chaleur, il est essentiel de repérer les ponts thermiques afin de pouvoir les traiter. Plusieurs méthodes permettent de vérifier leur présence dans votre habitation.
Fiez-vous à votre ressenti
La première approche consiste à
observer le confort thermique de vos pièces : une sensation de froid malgré le chauffage ou des parois fraîches au toucher peuvent révéler un pont thermique. D’un point de vue visuel, la présence de
taches noires ou de moisissures sur les murs et plafonds constitue également un indicateur fréquent.
Utilisez une caméra thermique
Comme les ponts thermiques ne sont pas toujours visibles, l’utilisation d’une
caméra thermique offre une détection plus précise. Elle permet de localiser les zones de déperdition de chaleur et de mesurer les écarts de température sur les parois. Un professionnel spécialisé pourra ainsi
analyser les points faibles de la structure du bâtiment.
Réalisez un bilan énergétique
La méthode la plus fiable reste la réalisation d’un
bilan énergétique complet. Un expert en isolation effectuera une
étude thermique détaillée de l’enveloppe du bâtiment et estimera les
pertes de chaleur, notamment si vous envisagez des travaux de rénovation.
Ce diagnostic ne se limite pas à l’isolation : il prend également en compte le chauffage, la ventilation, l’éclairage et d’autres éléments influant sur votre consommation énergétique.
La majorité des ponts thermiques ne sont
pas visibles à l'œil nu. Un test rapide avec les mains permet déjà d'apporter des indications.
Passez votre main sur un mur où vous soupçonnez la présence d'un pont thermique. Si vous
sentez une différence de température manifeste dans une certaine zone, il est très probable que vous soyez en présence d'un pont thermique.
Quels sont les signes d’un pont thermique ?
Les ponts thermiques se manifestent par plusieurs indices, visibles ou ressentis :
- Condensation et moisissures : l’humidité se condense sur les surfaces froides, favorisant l’apparition de moisissures, en particulier aux angles des murs et autour des fenêtres.
- Zones froides : certaines parties des murs ou des encadrements de fenêtres peuvent sembler plus froides au toucher, révélant une perte de chaleur.
- Courants d’air : une sensation de courant d’air près des fenêtres, même lorsqu’elles sont fermées, peut indiquer un défaut d’étanchéité lié à un pont thermique.
Ces signes peuvent entraîner une hausse de la consommation énergétique et une baisse du confort intérieur.
La
condensation correspond au passage de la
vapeur d’eau à l’état liquide. Elle dépend de trois facteurs : la température de l’air, la température des parois et le taux d’humidité ambiant. Lorsque de l’air humide entre en contact avec une surface froide, il se refroidit et ne peut plus retenir autant d’eau. L’excédent d’humidité se transforme alors en gouttelettes : c’est la condensation.
Un pont thermique, en refroidissant localement une paroi de votre habitation, favorise donc ce phénomène. Même si la pièce est chauffée normalement et que l’humidité intérieure est dans des valeurs courantes, une
zone suffisamment froide par exemple un angle de mur
peut entraîner l’apparition de condensation.
Comment nettoyer la moisissure causée par un pont thermique ?
Pour éliminer les moisissures liées aux ponts thermiques, il est nécessaire
d’adopter une approche combinant nettoyage et prévention. Il existe des méthodes naturelles et chimiques, mais il est crucial de
traiter également la
cause du problème pour éviter toute réapparition.
Méthodes naturelles :
- Vinaigre blanc et bicarbonate de soude : désinfectent les surfaces et limitent la réapparition des moisissures.
- Huiles essentielles antifongiques : certaines, comme celles issues du thé vert ou noir et de la lavande, sont particulièrement efficaces.
Méthodes chimiques :
- Eau de Javel : efficace mais agressive, à utiliser avec précaution.
- Produits fongicides spécialisés : préviennent la réapparition des moisissures et traitent efficacement les surfaces touchées.
Prévention :
- Peintures et revêtements anti-humidité : renforcent les surfaces vulnérables contre l’humidité.
- Déshumidificateurs : réduisent le taux d’humidité intérieur et limitent la condensation.
Au-delà de la perte d’étanchéité et de l’augmentation de la consommation de chauffage qu’il entraîne, un pont thermique présente
un risque majeur : il favorise l’humidité de condensation.
En effet, en refroidissant constamment les mêmes zones de la paroi, il provoque la
formation régulière de condensation, ce qui crée des conditions idéales pour le développement de moisissures. C’est à ce titre que les ponts thermiques sont problématiques, tant pour
l’état de votre logement que pour votre santé.
Les moisissures, souvent visibles dans les angles, près des fenêtres ou aux endroits où les ponts thermiques sont importants, sont non seulement inesthétiques mais aussi nuisibles. Elles libèrent des spores qui, lorsqu’elles sont inhalées, peuvent
provoquer allergies, troubles respiratoires ou favoriser l’apparition de l’asthme. Il est donc essentiel de
lutter contre l’humidité de condensation, surtout en présence de ponts thermiques.
L’élimination des ponts thermiques est donc une étape clé pour réduire les pertes d’énergie,
gagner en confort thermique et prévenir l’apparition de moisissures. Cela passe par deux actions essentielles : identifier précisément les zones de déperdition et engager des travaux adaptés, notamment une isolation thermique performante.
Il n’est pas toujours simple de corriger un pont thermique existant. Le
remplacement d’un simple vitrage ou d’anciennes menuiseries reste une intervention relativement facile.
En revanche, la situation se complique lorsqu’il s’agit d’un manque d’isolation dans un vide ventilé, d’une isolation mal posée ou d’un mur intérieur qui se trouve en liaison directe avec un mur donnant sur l’extérieur. Dans certains cas,
il est possible de traiter le problème en enveloppant la zone concernée par une nouvelle couche d’isolant. Mais parfois, l’unique solution consiste à isoler l’ensemble de la façade.
Quant aux ponts thermiques situés en pied de mur ou au niveau des fondations, leur élimination est quasiment irréalisable et l’amélioration obtenue ne justifie souvent pas le coût des travaux.
Les ponts thermiques représentent des
points sensibles de l’isolation intérieure ou
extérieure, entraînant une fuite de chaleur, la formation de moisissures et des risques de condensation,
pouvant créer des dégâts des eaux et affecter durablement le logement. Ces défauts apparaissent souvent aux jonctions de matériaux différents, autour des menuiseries, dans les angles de la façade ou en bas des murs, et sont accentués par une absence d’isolation continue, un
air ambiant trop humide ou des tuyaux mal isolés. Identifier les zones concernées et réaliser des travaux adaptés isolation thermique, mettre en place de couches isolantes, ventilation, traiter l’humidité, permet de
limiter la condensation, d’améliorer la circulation de l’air et d’assurer l’efficacité énergétique de l’appartement ou de la maison.
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