Rénovation énergétique

Combattre la chaleur urbaine : la solution des toits peints en blanc

Publié le 10/07/2024
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Les vagues de chaleur se succèdent et s'intensifient en France, mettant à rude épreuve les bâtiments urbains et le confort des citadins. 

Face à ce défi climatique croissant, des solutions innovantes et durables pour faire baisser les températures dans les villes sont envisagées.

L'une des pistes les plus prometteuses semble être le recours à la peinture blanche sur les toits, une stratégie connue sous le nom de "cool-roofing".

Cette technique connaît un gain d'intérêt à l'échelle mondiale. Des villes comme New York, Los Angeles ou Melbourne l'ont déjà expérimenté avec des résultats encourageants. 

Qu'en est-il en France ? Quels sont les avantages et les limites de cette approche ? Peut-elle vraiment s'imposer comme une solution efficace et durable pour lutter contre la chaleur urbaine ? 

Décryptage.
 

L'effet albédo, clé de la performance des toits peints en blanc


Le principe du "cool-roofing" repose sur un phénomène physique : l'effet albédo. 

Plus une surface est claire, plus elle renvoie la lumière et la chaleur du soleil vers le ciel, plutôt que de les absorber.

Ainsi, un toit recouvert d'une peinture blanche réfléchissante peut renvoyer jusqu'à 80% des rayons solaires, contre seulement 10 à 20% pour un toit sombre.

Cette réflexion de la lumière permet de réduire significativement la quantité de chaleur emmagasinée par les bâtiments et de faire baisser les températures.
 

Un engouement croissant en France


Face à l'intensification des vagues de chaleur, la demande pour les toits blancs a le vent en poupe, aussi bien chez les entreprises que dans les collectivités.

Les enseignes de grande distribution font partie des premiers demandeurs, il est question ici d’équiper la toiture des supermarchés de ces revêtements réfléchissants. 

Les retours d'expérience sont encourageants : économies d'énergie, meilleur confort pour les clients et le personnel, et une moindre sollicitation des systèmes de climatisation.

Les collectivités, également, s'emparent de cette solution. 

La ville de Tremblay-en-France a ainsi recouvert 3 770 m² de toiture du gymnase, qui accueillera des entraînements olympiques. 



Résultat : une baisse de 5°C de la température intérieure en seulement une semaine.
 

Des expérimentations à grande échelle à l'étranger


Si la France semble encore hésiter sur la stratégie à adopter, d'autres pays ont déjà franchi le pas et mené des expérimentations à grande échelle.

Aux États-Unis, des villes comme Los Angeles, New York ou San Francisco ont ainsi lancé des programmes ambitieux de recouvrement des toits et des sols en blanc. 

À San Francisco, la ville a même entrepris de repeindre en blanc plusieurs quartiers entiers, dans une logique de transformation à l'échelle urbaine.

À Melbourne en Australie, la même démarche a été engagée, s'appuyant sur les résultats probants des études menées à l'University College de Londres. 

Celles-ci ont en effet démontré que le "cool-roofing", appliqué à grande échelle, pourrait réduire la température moyenne d'un centre-ville de 1,2°C, voire jusqu'à 2°C dans certains secteurs.

Ces initiatives étrangères constituent des exemples inspirants pour les villes françaises désireuses de s'attaquer au défi de la chaleur urbaine.
 

Des performances variables selon le contexte


Cependant, tous les retours d'expérience ne sont pas aussi positifs.

À Los Angeles par exemple, le blanchiment des trottoirs a même été critiqué pour son effet d'éblouissement et une sensation de chaleur accrue au niveau des piétons.

Ces résultats mitigés s'expliquent en partie par les caractéristiques du bâtiment et de son environnement. 

Si le bâtiment est déjà très bien isolé, ça n'aura que peu d'impact sur la consommation d'énergie liée à la climatisation. S'il est mal isolé, la peinture aura un effet uniquement au dernier étage qui se trouve juste sous le toit.

De plus, dans certaines régions où le chauffage est plus énergivore que la climatisation, la peinture blanche peut avoir l'effet inverse en hiver, en réfléchissant les rayons du soleil et augmentant les besoins de chauffage, et in fine, en énergie.
 

Des précautions techniques à prendre


Au-delà des performances variables, l'application de la peinture "cool roof" soulève également des interrogations techniques. 

Les professionnels de l'étanchéité mettent en garde contre les risques de décollement, d'incompatibilité chimique avec les membranes contenant du bitume, ou encore de détérioration de la sécurité incendie.

Le critère le plus important est le SRI, c'est-à-dire l'indice de réflectance solaire. Quand il se trouve au-dessus de 100, il réfléchit suffisamment la lumière.

Les fabricants de membranes d'étanchéité proposent d'ailleurs des produits alternatifs, comme des revêtements synthétiques de couleur claire ou de membranes réfléchissantes. 

Mais leur efficacité à long terme et leur impact environnemental sont parfois remis en question.

C’est pour cela que comme évoqué précédemment, ces produits n'ont que peu d’impact si le bâtiment est correctement isolé. 

Cozynergy préconise donc de se concentrer sur l’isolation du logement concerné afin de maximiser votre confort d’été et réaliser des économies d’énergie.

Pour cela, nous vous accompagnons du début à la fin de votre projet pour votre délivrer votre solution de rénovation énergétique clé en main.
 

L'importance d'une approche globale et intégrée


Si cette solution peut permettre de faire baisser la température et de réaliser des économies d’énergie, il ne peut constituer à lui seul la solution miracle face aux défis de la chaleur urbaine. 

Ainsi, la végétalisation des toits, bien que moins performante que la peinture blanche sur le plan thermique, apporte des bénéfices supplémentaires en termes de biodiversité, de gestion des eaux pluviales et de qualité de vie.

De même, l'isolation des bâtiments et l'utilisation de matériaux réfléchissants pour les façades peuvent renforcer l'efficacité du "cool-roofing".

Voir notre article sur le meilleur isolant pour le confort d’été.

Une réflexion prenant en compte les spécificités locales, semble donc indispensable pour concevoir des solutions durables et véritablement efficaces.
 

Le verdissement, une alternative complémentaire


Face aux limites et aux défis du "cool-roofing", certaines villes choisissent de privilégier une autre approche : le verdissement massif de l'espace urbain.

C'est le cas de Lyon, qui a mis fin à son expérimentation de revêtements blancs, jugeant cette solution trop coûteuse et peu pérenne

La ville a plutôt décidé de s'engager dans un vaste plan de plantation d'arbres, à l'instar de Bordeaux qui vise à planter 30 000 arbres dans les deux prochaines années.

L'ombre portée par la végétation peut en effet contribuer de manière significative à la baisse des températures en milieu urbain. 

De plus, le verdissement apporte de nombreux autres bénéfices, tels que la capture du carbone, la préservation de la biodiversité et l'amélioration du cadre de vie. 

Une approche complémentaire qui semble particulièrement adaptée aux villes denses et contraintes par leur patrimoine architectural.
 

Un outil parmi d'autres pour la résilience climatique


En définitive, le "cool-roofing" apparaît comme une solution intéressante, mais qui doit s'inscrire dans une approche plus globale de la lutte des villes face au changement climatique.

Ses performances avérées, sa simplicité de mise en œuvre et son coût plutôt abordable en font un outil pertinent, à condition de bien maîtriser les aspects techniques et de veiller à la qualité des produits proposés sur le marché.

Cependant, cette stratégie doit être complétée par d'autres leviers, tels que la végétalisation, la consommation de matériaux réfléchissants ou encore des travaux de rénovation énergétique (isolation des combles, toit, murs et sols).

C'est en combinant ces différentes approches, et en les adaptant aux contraintes locales, que les villes pourront relever le défi de la lutte contre la chaleur urbaine.
80%
Un toit peint en blanc permet de renvoyer jusqu'à 80% des rayons solaires.
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